Quel outil pour mon webdoc ?

Une des principales questions qui anime un enseignant ayant pour projet de réaliser un webdocumentaire avec ses élèves est celle du choix de l’outil. Celui-ci va en effet conditionner le travail préliminaire de réalisation (types de documents acceptés, formats, etc) et le rendu final du webdocumentaire (schéma de narration, interactivité…).

Dans les faits, les modalités de réalisation du webdocumentaire avec les élèves (fonctionnalités proposées, niveau d’ambition de la réalisation…) vont souvent découler du choix de l’outil (“On fait avec ce que l’on a”), alors que dans l’idéal, le choix de l’outil devrait être l’aboutissement d’une réflexion approfondie des besoins auxquels il doit répondre en fonction du projet.

Dans le cadre des Traam documentation 2016-2017 de l’académie de Besançon, nous avons pu observer deux démarches distinctes :

  • l’outil qui s’impose dès le départ et qui va conditionner la réalisation et le niveau d’ambition du webdocumentaire (ex : Klynt dans le projet Canopé “Raconte ta ville”, partenariat inter-établissement avec un même outil, etc)
  • le choix de l’outil qui va intervenir a posteriori, après la réalisation de contenus, pour compiler différentes productions (vidéo, audio, image, texte, pages web) et les publier.

1- Les critères auxquels doit répondre un outil pour réaliser un webdoc

Les principales caractéristiques  :

  • Intégration de contenus de différentes natures (texte, son, image, vidéo)
  • Dé-linéarisation du processus de scénarisation
  • Interactivité dans le choix du scénario et le degré d’exploration : principe du “spectateur-acteur” (le spectateur choisit son parcours de lecture)
  • Ludique : apprendre autrement
  • Éventuellement, interactivité via une contribution directe à l’œuvre et dimension sociale entre les créateurs et les utilisateurs
  • Narration transmédia

Quelques sites à consulter avant de se lancer :

 

2- Les bonnes questions à se poser pour choisir l’outil adéquat en fonction de son projet

Différents critères devront être pris en considération :

  • Le coût, de la gratuité totale à plusieurs centaines d’euros. Certaines applications sont également proposées en freemium (version de base gratuite, versions payantes pour profiter de toutes les potentialités).

  • Les contraintes techniques liées à l’utilisation en classe et en établissement scolaire : compatibilité de l’outil avec le réseau de l’établissement, type de licence (mono/multiposte), export, partage et hébergement du webdocumentaire, etc.

  • L’apport de l’outil en terme de pédagogie : acquisition de quelles compétences par les élèves ? Qu’apporte l’outil en terme de plus-value pédagogique ?
  • L’utilisabilité : ergonomie, facilité de prise en main, accès des élèves (compte enseignant ? compte classe ? compte élève ?), compétences techniques nécessaires pour s’approprier l’outil (niveau d’expertise technique requis pour la prise en main de l’outil ; montage par les enseignants ou implication des élèves dans la partie technique de réalisation ?), pérennité de l’outil (et s’il disparaît, que deviennent les productions ?), exportabilité, partage.

Source : Cartographies et guidage interactif pour faciliter l’accès des enseignants aux outils TICE,
Philippe GAUTHIER et Christian COLIN du réseau CRE@TIVE* du Groupe des Ecoles des Mines.
https://campusneo.mines-nantes.fr/campus/file.php/281/7PreuvesPublications/2005AlgoraArticlesCartos/ArticleAlgora.PDF

Source : http://ecolenumerique.education.gouv.fr/

D’autres questionnements d’ordre plus spécifique pourront intervenir dans le choix de l’outil :

  • Définir le niveau d’implication des élèves : conception/réalisation du webdoc laissée aux élèves ou non.

    Il est possible de déterminer trois degrés d’implication pour les élèves :

Dans le dernier cas de figure, le niveau de complexité (accessibilité aux élèves) du logiciel devient un facteur prépondérant. Le choix se fera aussi en fonction du temps dont l’enseignant dispose.

  • Possibilités narratives : suivant le modèle de narration choisie : en arêtes de poisson, circulaire, à l’arborescence complexe, etc., un logiciel s’imposera plus qu’un autre.

  • Facteur temps : pour un résultat voisin, si ce n’est similaire, certains logiciels permettront un traitement plus rapide.
  • Environnement logiciel : le logiciel nécessite-t-il l’usage et la maîtrise de logiciels clés de la PAO (photoshop, illustrator) ? Le logiciel intègre-t-il la fonction montage vidéo ? Suivant l’environnement et les compétences dont dispose le réalisateur, un choix peut s’imposer.
  • Formats : Quels formats (image, son, vidéo) le logiciel peut-il traiter ? Exploitabilité du format de sortie.
  • Hébergement, récupération du résultat final : le logiciel, l’outil permet-il de récupérer ou de publier sur une autre plateforme le webdocumentaire (html 5 ?) ? Modalités d’export ?

Les différents critères d’évaluation à prendre en compte peuvent être répertoriés dans des fiches-outil pour l’aide à la décision.

3- Des outils pour un webdoc

Typologie des outils :

    • Outils estampillés “webdocumentaires” : Klynt, RacontR
    • Outils de création multimédia dont on va détourner l’usage pour s’approcher du webdocumentaire : Adobe Spark, Thinglink, Genially, Sway, …
    • Logiciel satellites :
  • PAO : Photoshop, Illustrator, Gimp, Inkscape
  • Capture d’écran vidéo : Camtasia, Screencast-O-Matic, Quicktime (sous Mac uniquement).
  • Montage : Virtualdub (sous Windows), Avidemux, iMovie (sous Mac), Movie Maker (sous Windows)
  • Conversion de fichier : online-convert par exemple pour tous les formats, Vlc (pour la vidéo uniquement)

Dans la pléthore d’outils numériques à notre disposition, nous vous proposons une sélection. Notre objectif est de montrer que quel que soit le niveau de maîtrise des technologies, il y a moyen de se lancer dans un webdocumentaire.

Attention : cette proposition est ancrée dans le temps. Elle fait le point à un instant précis de l’offre dont nous disposons en ce printemps 2017. En effet, les outils du web sont mobiles : coût, interface, compatibilité…, tout peut changer du jour au lendemain. Avant de vous lancer dans l’aventure, prenez la peine de vérifier ce qu’il en est.

Voici un tableau comparant 5 outils afin de vous faire une idée des potentialités et des contraintes de chacun :

Tableau comparatif d’outils numériques pour réaliser un webdocumentaire

Logo
Coût
Webdoc ?
Scénarisation
Ergonomie
Difficulté
Interactivité
Hébergement
Partage
Format médias
Interopérabilité
Propriété intellectuelle

 

Pour prolonger cette grille comparative, nous vous proposons une analyse pour chacun des outils numériques retenus : Thinglink, Genially, Adobe spark page, Racontr et enfin, Klynt. Ils sont classés par degré de difficulté de prise en main.

Et parce que nous souhaitons donner aussi un peu d’interactivité à notre article :

Vous avez la possibilité d’interagir sur ces fiches d’évaluation en les annotant avec vos commentaires : n’hésitez pas à compléter, donner des précisions ou faire un retour d’expérience sur ces outils !

Dans l’offre abondante d’outils numériques, il existe bien sûr d’autres choix possibles pour faire son webdocumentaire. Vous pourrez découvrir d’autres pistes dans une sélection proposée dans le cadre d’un atelier Canopé de l’académie de Besançon.

La création d’un webdocumentaire est un projet innovant et ambitieux. C’est un travail qui nécessite beaucoup de temps et d’énergie pour l’enseignant qui doit s’approprier les outils numériques avant de les mettre à disposition des élèves de sa classe, voire s’en réserver la maîtrise et limiter les élèves à la création de contenu. Il est par conséquent crucial de passer par cette étape de réflexion sur le choix de l’outil, avant de se consacrer à la réalisation des contenus médias qui vont alimenter le webdocumentaire.

Articles déjà paru dans la série webdoctice :
Articles à paraître :
  • La réalisation des contenus médias

 

Article co-écrit par Séverine CANAL-COTTERET, Christophe COQUET,
Valérie LIGER, François MALESSARD

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2 pesnées sur “Quel outil pour mon webdoc ?

  • 14 avril 2017 à 10 h 21 min
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    Merci pour ce travail de fond. C’est le fruit d’une belle collaboration qui nous donne envie de faire du webdoc avec les élèves !

    Répondre
  • 18 avril 2017 à 9 h 18 min
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    Après lecture du tableau, le nombre de « pouce levé » met Genially en avant en ce qui concerne le webdoc et la prise en main de l’outil. Un détournement est nécessaire, mais c’est ce que nous faisons sans cesse avec le numérique à l’école…

    Répondre

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