Une fois que l’on a initié les élèves aux principes de la narration webdocumentaire et réfléchi à la mise en place d’un projet, il faut désormais poser une structure et un mode d’organisation des éléments qui le constitueront. Le choix de l’outil et de sa prise en main n’interviendra qu’après cela, où il sera temps alors de s’adapter aux contraintes. Rien n’est impossible !

1. Une narration interactive

  • Le schéma narratif :

Pour les principes de la narration en général, on peut se reporter au modèle du schéma quinaire  ou au monomythe de Joseph Campbell.  Appliquée au webdocumentaire, cette schématisation reste une base : il convient ensuite, de réfléchir à la place que l’on accorde à l’action et au guidage de l’utilisateur.

  • La finalité :

Comme tout projet narratif, il est important de donner au webdocumentaire un but final. Donner à l’utilisateur une “promesse”, une finalité, va permettre de dégager une intensité. Cette conception narrative et interactive est tout sauf un exposé : il convient alors de poser la question suivante : qu’est ce que le webdocumentaire va montrer de plus qu’un autre support?

  • L’incarnation :

Pour donner une intensité narrative à son webdocumentaire, il est possible de centrer la trame autour d’un personnage (fictif ou imaginaire). On gagne alors en immersion. Une autre possibilité est d’interpeler l’utilisateur. (vous êtes un détective et vous devez….)

  • La mise en activité de l’utilisateur :

Créer un webdocumentaire c’est permettre à notre utilisateur de s’immerger dans la narration de manière active. Il lui est donc possible d’avoir une influence sur le déroulé. Il faut réfléchir à ce qu’on qu’attend-on de lui et quelle marge de manoeuvre on veut lui laisser.

  • S’agit t-il de l’informer, le sensibiliser, le faire réagir, le choquer ?
  • S’agit t’il de lui donner la main sur l’ordre des contenus ? sur le final du webdocumentaire? de le guider de manière directive ?
  • Le pitch:

Avant de développer une scénarisation, il convient de pouvoir répondre aux éléments narratifs principaux de notre histoire. Répondre à un 5W est vivement conseillé. Exemple: c’est l’histoire de.. qui se passe à …… adressée à … dans le but de …

2. Penser avant de créer

Il est conseillé de concevoir “sur le papier” avant de s’attaquer à la prise en main du logiciel et de créer tout de suite un “squelette”. Exemple : sur une grande feuille ou un tableau, créer une carte du webdoc.

Un exemple de scénarisation sur “papier”, élaborée en amont de la prise en main de l’outil (collège Victor Schoelcher, Projet Raconte ta ville) – A droite, la carte du webdocumentaire, créée ensuite.

!!! Avec les élèves : bien faire saisir ce qu’est un webdocumentaire, ainsi que sa structure interactive, sinon, l’élève ne pourra pas concevoir un déroulé.

3. Définir sa structure

La structure dépend du degré d’implication que l’on veut donner à l’utilisateur : agit-il sur le déroulé final ? peut-il juste choisir l’ordre des contenus ? etc.

Structure Exemple
Arrête de poisson : on part quelque part mais on revient sur une colonne vertébrale.
Embranchement multiple avec noeud :  Structure par points convergence.
Structure étoile ou concentrique :  un accueil avec le menu de toutes les sous-histoires Problème : on revient toujours au même endroit

En plus de la structure principale : On peut rajouter des sous-séquences comme des pas de côté ou des parenthèses : dans Klynt ce sont des Overlay.

4. Le “Mock up” ou le guidage “hypertextué” du lecteur

Une fois le scénario détaillé sur papier en séquences interactives, on élabore un Mock Up : c’est  la conception des liens entre les éléments de la structure dans une interface dynamique. On pense la maquette en collant les contenus à leurs relations. Il s’agit d’imaginer comment on passe d’un contenu à l’autre (lien cliquable, image cliquable, bascule automatique, etc).

C’est le moment de dépouiller nos séquences pour présenter une trame qui présente les relations d’interaction. Une fois que ce travail « sur papier » aura été préparé, on pourra enfin passer à la création de la structure dans l’outil choisi. Concevoir avant de créer !

Article déjà paru dans la série webdoctice :

Articles à paraître :

  • « Quel outil pour mon webdoc ? »
  • « La réalisation des contenus médias”

Webdocumentaire : de l’importance de la scénarisation
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3 pesnées sur “Webdocumentaire : de l’importance de la scénarisation

  • 6 mars 2017 à 20 h 34 min
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    Merci pour cet article méthodologique qui va aider à ne pas se perdre en créant un scénario pour un webdocumentaire. Une écriture scénarisée aux contraintes spécifiques !

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